Les plantes de Damien Les plantes médicinales du docteur Damien

la ficaire

La ficaire est une plante de la famille des renonculacées, bien connue pour son activité antihémorroïdaire….

La ficaire (Ranunculus ficaria)

Cette espèce de la famille des renoncules (la plante la plus connue de cette famille est sans doute le bouton d’or, qui correspond à différentes espèces à fleur jaune du genre Ranunculus) pousse à la fin de l’hiver dans les zones humides de sous-bois. Petite, avec ses 6 à 12 fins pétales jaune d’or et ses feuilles cordiformes (en forme de cœur), il est quasiment impossible de la confondre, en floraison, avec une autre espèce. Attention tout de même au populage des marais (Caltha palustris), mais il est bien plus grand et la fleur n’a que cinq pétales.

Selon la théorie des signatures développée par Paracelce, la ficaire, dont les racines ressemblent aux hémorroïdes, soigne leur inflammation. Les jeunes feuilles auraient été consommées pour leur richesse en vitamine C.

Composition chimique de la ficaire

On trouve principalement dans les racines tubérifiées de l’amidon et des saponosides (environ 20 %), hétérosides de l’héderagenine (dont le nom vient de Hedera helix, le lierre) et de l’acide oleanolique.1 Certains auteurs indiquent la présence d’alcaloïdes (chélidonine, cholérythrine), mais je n’ai trouvé aucune source fiable le confirmant.

Ces deux saponines sont retrouvées dans Chenopodium quinoa en association avec l’acide phytolaccagenique. Le mélange extrait de la plante est utilisé comme biopesticide pour protéger les racines et graines avec leurs semis ou transplantation des infections bactériennes et fongiques.

Racines tubérifiées de ficaire

Il a par ailleurs été observé que l’extrait des racines de ficaire inhibe fortement la formation de la maladie dite de « crown gall », une excroissance pathogène provoqué par la bactérie Agrobacterium tumefaciens et qui touche de nombreuses rosacées (pommier, framboisier, etc.) et éricacées (Rhododendrons, bruyères, etc.).2

Les saponines ont généralement un effet détergent sur les membranes cellulaires (déstructuration de l’organisation membranaire par interaction avec les stérols qui la composent). C’est pourquoi elles pourraient jouer un rôle chez le végétal dans la protection contre les attaques microbiennes et fongiques. De plus leur proximité structurale avec les stéroïdes pourrait expliquer l’action anti-inflammatoire de certaines saponines. Enfin, elles peuvent être des toniques vasculaires qui renforcent la résistance des vaisseaux et diminuent leur perméabilité. Ces dernières activités sont particulièrement intéressantes dans les problèmes hémorroïdaires.3

La racine tubérisée est riche en amidon mais son utilisation comme aliment est déconseillée. En effet, on y trouve de la protoanémonine comme dans la plupart de renonculacées. Cette substance irritante est produite à partir de la ranunculine de façon enzymatique lors de la lésion des tissus. Au cours de la dessication ou de la cuisson, elle est dégradée, mais le risque de présence résiduelle existe.

L’ingestion de plante fraiche est donc toxique, mais après séchage elle peut être utilisée par voie locale, pour le traitement des insuffisances veineuses.

Certains auteurs indiquent la présence de vitamine C dans la plante. Si elle a pu être utilisée d’un point de vue historique pour lutter contre le scorbut, il est clair que la consommation de ficaire fraiche est à proscrire et ne présente pas d’intérêt étant donné le nombre de plantes atoxiques riches en vitamine C.

En conclusion, mieux vaut réserver l’usage de cette plante au traitement de la crise hémorroïdaire par voie externe. L’extraction peut être réalisée par un solvant aqueux ou hydroalcoolique.

L’utilisation pour le traitement des végétaux est une piste intéressante pour la protection contre les maladies fongiques et bactériennes.

 

1-    Marston, A.; Cabo, M. ; Lubrano, C. ; Robin, J.R. ; Fromageot, C. Clarification of the saponin composition of ranunculus ficaria tubers. Natural Product Communication 2006, 1 (1)  27-32.

2-    Arican, E. Inhibition of crown-gall tumorigenesis with plant extracts. Pharmaceutical Biology  2009 47 (5) 463-466.

3-    Bruneton J. Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales 1999 3ème édition, Tec et Doc.

 

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